Avec le recul, il m’est plus facile d’analyser certaines de ces fameuses décisions qu’on doit tous prendre en tournoi, revenir dessus me permet je crois d’arriver à optimiser mes décisions futures.
Une fois certains paramètres pris en compte, sur le moment, très souvent je m’en contente et je ne me pose pas l’ultime question : ok, tu es en 80/20 en 70/30 mais es-tu prête à bust maintenant ? Etre devant oui, mais es-tu prête à encaisser le bad ? Tout se passe généralement très vite, et fort de nos calculs et de notre lecture de l’adversaire, psychologiquement quand le board ne tombe pas dans notre sens, ça peut électrochoquer !
J’ai deux exemples super concrets :
WSOP Ladies 2011 :
C’est la quasi bulle du ladies. Elle est 3ème en jetons moi 5ème, je relance QQ depuis la sb, je suis 3bet par la bb, qui au vue de mon image plutôt dégueu ne me surprend pas vraiment, je 4bet pour qu’elle shove. Mon plan ne se passe pas tout à fait comme prévu car elle just call commit, et je n’arrive pas à trouver de mains qui justifient une action pareille, à ce niveau là du jeu.
Nous avons 20 blindes left (elle 30) et le pot en fait déjà 120.
Bref je boiterai le flop, quelqu’il soit, et sur flop 983, elle retourne paire de 9 merci au revoir.
Les autres joueuses remballent leurs jetons dans leurs sacs, c’était les 3 dernières mains avant la fin de la journée pour le pot du CL du tournoi que j’avais gagné l’an dernier...
Le coup de massue a duré quelques jours et aujourd’hui, sans être result oriented je me demande toujours si j’étais prête à encaisser les 20, 30 ou même 50% de risque (bien que je ne la mette pas sur kk donc on va dire 20 30...).
Bien sûr c’est l’occasion de passer CL mais en étant 5ème en jetons et avec un edge aux tables visitées, est ce que je n’avais pas intérêt à contrôler tout ça et revenir le lendemain confortable, pas CL certes, mais présente !
J’insiste sur le fait que ma réflexion n’est pas résult oriented, il existe ce pourcentage de toutes façons mais je n’ai pas réalisé sur le moment qu’on tirait un dé elle devait faire 1 sur un dé de 5, 2 sur un dé de 10, qu’importe, c’est concret et en tant que joueuse de jeu de rôle je devais savoir que ça pouvait tomber ^^
Je salivais déjà des 4/5 et mon cerveau a quand même un peu omis le 1/5e restant...
Je ne pense pas mon play aujourd’hui mauvais, je pense que je pouvais aussi ne pas surjouer, just call le 3 bet et essayer de control postflop...
Après, sur baby flop, je ne suis pas sûre de ne pas m’empaler aussi ^^
C’est la stratégie du jeu et du tournoi que je remets en question et c’est ce que j’aime au poker d’ailleurs...
Et donc plus récemment, le coup online "inverse" avec je le crois la bonne décision de ma part dans ce cas précis.
Ce sont les Scoops HU high :
"Inverse" dans le sens où cette fois j’assume totalement la prise de risques...
Mon adversaire est de type scandinave, et il m’outplay en quelques mains sur ce début de HU.
Il 3bet 4 bet mes tentatives preflop et sinon donk ou raise flop. Bref je me fais malmener.
Contrairement au ladies précédent je sens que ça ne va pas être facile contre lui donc je vois 2 solutions :
Le jouer preflop
Tout control et attendre de toucher.
Puis vient cette main qui sans historique peut être qualifier de jeu light :p et avec historique aussi d’ailleurs, mais là un 70/30 60/40 contre lui devient plus intéressant il me semble que le 80/20 du ladies.
Quand on ne marche pas sur la table et qu’on s’en rend compte je pense que c’est plus justifié de "gambler".
Bien sûr, je 4bet peu cher pour qu’il puisse boite sa bouse avec fe, et après je pense que je l’amène là où je voulais et que mon objectif a été atteint, critiquable ou non.
A une table où je considère avoir un gros edge je peux sacrifier un officier (genre nuts au flop vs 6 joueurs) pour ne pas risquer de perdre la guerre et que mes soldats restants tiraillent l’ennemi et l’épuisent sur la longueur ^^
(jenejoueplusassezàwarhammer.com)...
Mais si l’adversaire est fort voire plus fort, est-ce que je ne vais pas saisir la chance de le mettre au sol une fois pour toutes...

